4€  14° année - n° 82 JUILLET AOUT  2006


Suisse

Le 5 mas dans le canton de Fribourg et le 12 mars dans le canton de Vaud, ont eu lieu les premières élections dans toutes les communes auxquelles les étrangers pouvaient participer. Dans le canton de Vaud où il y a 27 % d'étrangers le droit de vote et d'éligibilité au plan municipal acquis en 2002 n'est possible que si l'étranger réside depuis dix ans en Suisse et trois ans dans le canton. Des élections avaient déjà eu lieu dans quelques communes en 2004 (voir La Lettre n°68). Dans le canton de Fribourg, où il y a 16 % d'étrangers, cinq ans de résidence dans le canton sont exigés.

La participation des étrangers a été faible dans un pays où la participation des nationaux à ce type d'élection est elle-même peu importante : 15 % dans le canton de Fribourg (31 % pour les Suisses) où il y a eu un travail plus important d'information des partis de gauche et des libéraux en direction des communautés étrangères.

Pour le politologue de l'Université de Lausanne, René Knüsel, cela n'a rien d'inquiétant et il se réfère aux premières participations électorales des femmes puis des jeunes dès dix-huit ans où les taux étaient encore plus bas que ceux de mars 2006.

La poussée rose-verte enregistrée dans certaines villes dont Lausanne et le passage à gauche des exécutifs de Fribourg et de sa grande commune périphérique de Villars-sur-Glâne, sont attribués au vote des étrangers.

De nombreux étrangers ont été candidats. Plus de trois cents ont été élus comme suppléants ou dans les conseils généraux des petites communes. Plus de trente ont été élus dans les municipalités (en Suisse, le conseil municipal est une instance d'un niveau supérieur à celui du conseil général ou communal).

Le 26 avril, le Parlement jurassien a diminué la durée de résidence dans le canton, exigée pour les étrangers, désirant voter aux élections. Depuis 1978, date de la création de ce canton auparavant rattaché au canton de Berne, les étrangers ont le droit de vote au plan cantonal après dix ans de résidence en Suisse mais aussi dix ans de résidence dans le canton. Dorénavant une année de résidence dans le canton, dans les dix ans de présence en Suisse, suffira. Pour le ministre de la Justice, Gérald Schaller, "ce délai d'une année permet d'assurer une intégration minimale dans notre société."

Seuls les représentants du Parti populiste UDC se sont opposés à cette mesure en demandant une domiciliation de trois ans dans le Jura.


Voir aussi N° 76
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