LA LETTRE DE LA CITOYENNETE

Nationalité, droit de vote des résidents étrangers


20F 5° année - N°25 - JANVIER - FEVRIER - 1997 
SUEDE

En 1975, la Suède fut le premier Etat de l'Europe du Nord à accorder le droit de vote et d'éligibilité aux élections communales et régionales aux étrangers âgés d'au moins 18 ans et résidant dans le pays depuis 3 ans.

Cet exemple fut rapidement suivi par les autres Etats de la région. Successivement dans l'histoire pays d'émigration ou d'immigration, la Suède a aussi une vieille tradition démocratique. Les guides touristiques de Göteborg rappellent que la ville, fondée en 1611, fut construite en grande partie par des immigrés hollandais et que ces derniers occupaient dans les premiers conseils municipaux 10 sièges contre 7 pour les Suédois et 1 pour les Ecossais.

Une sous-représentation politique patente

Si les étrangers résidant en Suède depuis plus de 3 ans et les Suédois d'origine étrangère représentent 16% des électeurs, ils ne sont seulement que 8,7% parmi les conseillers municipaux et 7,4% parmi les conseillers régionaux. En ce qui concerne la représentation parlementaire, 25 Suédois d'origine étrangère sont députés (7,2% des députés, alors qu'ils sont 11,4% de la population). Les sociaux-démocrates, la gauche ex-communiste et les Verts ont 19 élus immigrés et les 3 partis bourgeois 6. 85% de ces députés vivent en Suède depuis plus de 20 ans.

Cette ancienneté se retrouve aussi pour les conseillers régionaux (94%) et les conseillers municipaux (84%). A ce niveau, les immigrés d'origine européenne, en particulier nordique, sont mieux représentés, 65%, par rapport à leur poids électoral que les non-Européens (26%). La participation des étrangers aux dernières élections de 1994 n'a été que de 40% contre 77 pour les naturalisés et 84% pour la moyenne nationale. 6% des étrangers sont membres d'un parti politique contre 12% pour les Suédois.

La naturalisation facilitée ?

Le Bureau suédois de l'immigration demande au gouvernement qu'une personne qui ne peut fournir la preuve de son identité puisse devenir citoyen suédois. 10 ans de résidence au lieu des cinq années habituelles seraient alors nécessaires. En 1995, 2900 demandes de naturalisation venant pour la plupart de Somalie et d'Irak ont été rejetées parce qu'elles ne pouvaient prouver avec certitude leur identité.


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