
4€ 11° année - n° 65 SEPTEMBRE - OCTOBRE
2003
SPORT ET
NATIONALITÉ
La dernière coupe du monde d'athlétisme a été l'occasion de constater l'accélération des changements de nationalité en fonction de la loi du marché. Nul besoin dorénavant de faire semblant de s'intégrer dans le pays d'accueil. Un exemple caricatural a été donné par deux athlètes kenyans devenus, avec l'accord de leur fédération, quataris un an après avoir couru pour leur pays de naissance et de résidence. Voir Stephen, Cherono, devenu Saif Saïd Shaheen, faire le tour du stade le drapeau quatari sur les épaules après sa victoire dans le 3000 steeple, tient de la mascarade mais permet de relativiser les excès de nationalisme et de chauvinisme entretenus par les responsables sportifs, les sponsors et les médias depuis quelques années.
Au niveau des sports d'équipe professionnels, il y a longtemps qu'il ne s'agit plus de joueurs locaux et constater que Marseille commence le championnat de football avec onze étrangers sur le terrain est une première en France mais reste dans la logique du système.
Pour les équipes nationales, des règles de durée de résidence dans le nouveau pays et de non représentation dans une compétition internationale de son pays d'origine existent mais les délais se raccourcissent sous la pression des sportifs, de leurs agents et des fédérations riches.
Parmi les décisions les moins hypocrites, celles de la fédération internationale de rugby stipulent que tout joueur étranger ayant résidé trois ans de suite dans un pays peut porter le maillot de l'équipe nationale. Huit joueurs étrangers,dont en dernier le Sud-Africain Brian Liebenberg, ont déjà joué dans le XV de France sans avoir eu besoin de se faire naturaliser pour la cause. Et ne pourrait-on pas, dans les compétitions individuelles, laisser concourir tous les sportifs ayant réalisé les minimas imposés et limiter au strict minimum les démonstrations intempestives d'un nationalisme dépassé.
B.D.
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