4€  13° année - n° 78 NOVEMBRE-DECEMBRE 2005


France : sondages et prises de position sur le droit de vote des étrangers

Dans Le Monde du 25 octobre, Nicolas Sarkozy se prononce en faveur du droit de vote des étrangers aux élections municipales après dix ans de présence en France. Dans les jours qui suivent, plusieurs personnalités politiques prennent position sur la question (voir "Ils ont dit"). Au niveau des médias, le débat est relancé.

Le douzième sondage annuel sur le droit de vote aux élections municipales et européennes

Deux jours après la déclaration du ministre de l'Intérieur, l'institut CSA réalise à notre demande le sondage annuel sur le droit de vote aux élections municipales et européennes. Les résultats, détaillés (Voir Elections municipales et européennes: les résultats du sondage 2005), sont publiés dans Le Parisien du 29 octobre : 45 % d'opinions favorables comme en 2004, 52 % d'opinions opposées contre 53 % en 2004 (les résultats détaillés des sondages précédents sont parus dans La Lettre de la Citoyenneté et sont disponibles sur demande).

À l'identique des années précédentes, l'opinion favorable décroît avec l'âge et progresse avec le niveau de diplôme. En ce qui concerne la proximité politique, les sympathisants de gauche sont comme d'habitude plus favorables que ceux de droite, mais l'écart gauche-droite se réduit progrEssivement passant de 33 points lors de notre premier sondage en 1994 à 15 points cette année (voir graphique ci-dessous). En plus d'une progression lente et assez régulière des opinions favorables, il y a, à droite, un net clivage entre les proches de l'UDF, majoritairement favorables, et ceux de l'UMP où les deux tiers des sympathisants se déclarent opposés à ce droit de droit de vote municipal et européen des résidents étrangers.

Un sondage sur les élections municipales

Le Journal du Dimanche du 30 octobre publie les résultats d'un sondage réalisé les 27 et 28 octobre par l'IFOP sur le droit de vote des étrangers aux élections municipales après le délai de résidence de dix ans proposé par N Sarkozy : 63 % d'opinions favorables contre 36 % de "pas favorables". Les "favorables" sont majoritaires y compris chez les sympathisants de l'UMP (52 %). À une seconde question "et diriez-vous qu'accorder le droit de vote aux étrangers non-européens installés en France favorise leur intégration dans la société française ?", 61 % des personnes interrogées répondent positivement et cette opinion est également majoritaire chez les sympathisants de tous les partis politiques en dehors de l'extrême droite.

Il n'y a plus de doute, l'opinion publique est favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales. Qu'attendent les politiques ? Il faudra veiller à ce que le délai de résidence exigé ne soit pas déraisonnable. Il est actuellement de six mois à cinq ans dans les autres pays européens ayant accordé ce droit aux étrangers non-communautaires.

En ce qui concerne la citoyenneté européenne de résidence et l'égalité des droits entre résidents communautaires et non-communautaires, l'opinion publique est plus partagée, hésitante, en particulier chez les sympathisants de gauche où le contexte, les attentats du 11 septembre en 2001, les difficultés de la construction européenne ces dernières années, semblent influencer leur approbation ou non du droit de vote municipal et européen pour les résidents non-communautaires.

Bernard Delemotte


 
 


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