LA LETTRE DE LA CITOYENNETE

NATIONALITE, DROIT DE VOTE DES RESIDENTS ETRANGERS

3€  10° année - n° 59 - SEPTEMBRE - OCTOBRE 2002



 
 

Pays-Bas :

13 députés sur 150 sont d’origine étrangère
 
 
 
 
 
 

Les dernières élections législatives confirment l'augmentation régulière du nombre d'élus allochtones au Parlement néerlandais : 3 en 1988, 5 en 1994, 9 en 1998, 13 en 2002. Actuellement, les Pays-Bas sont, avec la Belgique, le pays européen où la proportion d'élus d'origine étrangère est la plus proche de ce que représente l'immigration en poids démographique dans le pays. Sur 16 millions de Néerlandais, 3 millions sont d'origine étrangère dont plus de la moitié non occidentaux, essentiellement Antillais, Marocains, Surinamiens et Turcs résidant dans les grandes villes de l'Est du pays. "Plus de la moitié des enfants de moins de quinze ans d'Amsterdam, Rotterdam, Utrecht et La Haye sont allochtones et leur part augmentera encore dans les années à venir" constatait au moment des élections le Telegraaf.
 
 

Les élections législatives du

15 mai 2002
 
 

Les 13 députés issus de l'immigration, 8 femmes et 5 hommes, 8,7 % du nombre de parlementaires, ont été élus sur les listes de 6 des 10 partis représentés au Parlement. Les plus grands partis de droite comme de gauche ont des élus immigrés, à l'exception notable d'un des partis du nouveau gouvernement, le VVD, qui, au cours de la législature précédente avait 3 élus issus de l'immigration.

C'est le parti de Pim Fortuyn, LPF, qui compte le plus grand nombre, 4, d'élus allochtones. Au lendemain de la mort de son leader, le numéro deux de sa liste, un jeune Cap-verdien de 27 ans, Joâo Varela, est devenu de fait numéro un. Il faut remonter à 1994 pour retrouver dans l'histoire politique des Pays-Bas un allochtone aussi haut placé lors des élections parlementaires. Cette année-là, Groen Links avait choisi de présenter en tête de liste un duo composé d'un immigré Marocain, Mohammed Rabbae, et d'une Néerlandaise de souche.

En proportion des élus, c'est Groen Links qui est en tête avec près de 20 % de représentants immigrés, suivi par LPF et D 66 avec près de 15 %. Le vote préférentiel, particularité belge et néerlandaise, qui permet aux électeurs de faire progresser leurs candidats favoris dans l'ordre des listes présentées par les partis, a modifié la place des élus allochtones (en progression pour 8 d'entre eux, en régression pour 2 et indifférents pour 2 autres) mais n'a pas changé le nombre d'élus. Le changement le plus important s'est fait au bénéfice de Nirmala Rambocus qui a gagné 11 places sur la liste du CDA.

7 élus sont issus des immigrations de travail des années soixante, Cap-Vert, Maroc, Turquie. 3 élus sont issus des immigrations coloniales, Suriname, et 3 viennent d'une immigration politique, Iran et Tchécoslovaquie.
 
 

Une secrétaire d'État pendant quelques heures
 
 

Philomena Bijlhout a été nommée le 22 juillet secrétaire d'État en charge de l'émancipation et de la famille. C'est la première fois qu'une personne d'origine étrangère fait partie d'un gouvernement aux Pays-Bas et Madame Bijlhout était aussi la seule représentante de la LPF dans l'équipe ministérielle a être issue du groupe des députés. Quelques heures plus tard, elle donnait sa démission, la presse ayant révélé son passé de membre d'une milice lors de la dictature militaire au Surinam.
 
 

Les élections municipales du

6 mars 2002
 
 

Au début des années 80, un consensus fut trouvé entre tous les partis politiques pour accorder le droit de vote aux étrangers ; en 1983, la Constitution fut révisée pour dissocier nationalité et droit de vote ; en 1985, la loi accordait le droit de vote aux élections municipales après cinq ans de résidence.

Aux premières élections en 1986, où ils purent voter et être élus, 42 étrangers ont été élus ; 47 le furent en 1990, 66 en 1994, une centaine en 1998.

Après les élections de mars 2002, la Commission consultative des Turcs a recensé, pour les seuls Turcs, 100 élus parmi les 10 000 conseillers municipaux, 4 à Utrecht, 3 dans 10 villes dont Amsterdam. Il y a par ailleurs 28 Turcs élus dans les conseils de districts (arrondissements) d'Amsterdam et de Rotterdam.

Aucun des partis représentés au Parlement, y compris la LPF, n'a remis en cause, lors des campagnes électorales de 2002, le consensus des années 80 sur la participation des résidents étrangers aux élections municipales. n
 
 
 
 

Les 10 partis

représentés au Parlement
 
 

• La nouvelle coalition gouvernementale

- CDA - Appel chrétien-démocrate :

43 élus

- LPF - Liste Pim Fortuyn (populiste) :

26 élus

- VVD - Parti du peuple pour la liberté et la démocratie (libéraux) : 23 élus
 
 

• L'opposition de gauche

- PvdA - Parti du travail (travailliste) :

23 élus

- Groen Links - Ecologistes de gauche : 11 élus

- D 66- Parti des réformateurs : 7 élus
 
 

• Les 4 autres partis

- Leefbaar Nederland - Pays-Bas vivables (extrême droite) : 2 élus

- S.P. - Parti socialiste (extrême gauche) : 2 élus

- Christen Unie - Union chrétienne :

4 élus

- SGP - Intégristes protestants : 2 élus
 
 
 
 
 
 

Les 13 élus

d'origine étrangère
 
 

• 4 d'origine marocaine

- Arib Khadija, 41 ans, PvdA, députée sortante

- Azough Naïma, 30 ans, Groen Links, nouvelle élue

- Lazrak Ali, 54 ans, SP, nouvel élu

- Zeroual Firouze, 29 ans, LPF, nouvelle élue
 
 

• 3 d'origine surinamienne

- Bijlhout Philomena, 44 ans, LPF, nouvelle élue

- Ferrier Kathleen, 45 ans, CDA, nouvelle élue

- Rambocus Nirmala, 51 ans, CDA, nouvelle élue
 
 

• 2 d'origine tchèque

- Dittrich Boris, 46 ans, D 66, député sortant

- Zvonar Milos, 65 ans, LPF, nouvel élu
 
 

• 2 d'origine turque

- Albayarak Nebahat, 34 ans, PvdA, députée sortante

- Çörüz Coskun, 38 ans, CDA, député sortant
 
 

• 1 d'origine cap-verdienne

- Varela Joâo, 27 ans, LPF, nouvel élu
 
 

• 1 d'origine iranienne

- Karimi Farah, 41 ans, Groen Links, députée sortante


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