
4€ 15° année - n° 90 NOVEMBRE - DECEMBRE 2007
La participation mouvementée
des immigrés à la vie publique
L’histoire de l’engagement et de la participation
à la vie politique et publique des immigrés, connu sous la
promesse électorale du droit de vote des résidents étrangers
en Europe est une histoire clandestine. Elle est marquée par l’assignation
identitaire, la relégation et l’illégitimité. Les
expériences de suffrages locaux en direction des étrangers
résidents a pour objectif d’accorder une visibilité à
cette minorité silencieuse en posant ainsi laquestion de l’accès
légitime au politique "par le bas".
C’est un faire-valoir d’une expression immigrée
dans la gestion de la vie politique locale. En effet, le centre d’intérêt
du droit de vote des résidents étrangers est le rapport à
la citoyenneté et au code de nationalité. L’immigration constitue-t-elle
un nouveau modèle de citoyenneté "dans le marché de
la citoyenneté"? En France, l’émergence de formes de participation
à la vie de quartier dans les milieux associatifs des banlieues
urbaines (une forme de "citoyennetés concrètes") a été
favorisé par la loi du 9 octobre 1981, qui a levé toutes
les interdictions au droit d’association aux étrangers en les faisant
entrer dans le droit commun des associations régies par la loi de
1901.
L’engagement des immigrés dans l’espace politique
français est une participation, un faire-valoir d’une expression
immigrée dans la gestion de la politique d’immigration dont l’ascension
"irrésistible" dans le débat politique reste limité
aux thèmes de la " nouvelle citoyenneté ", des droits civiques,
de la lutte antiraciste et du droit de vote. Le rapport au politique des
immigrés justifie un passage au politique au sens d’une expression
démocratique de l’immigration et surtout d’un rituel de légitimation
et d’exercice du pouvoir.Pour l’instant, l’immigré est " l’ombre,
un fantôme social, le reflet inversé de la citoyenneté
".
Yassine Chaïb
Directeur régional
de l’ACSE Picardie