4€  17° année - n° 97 JANVIER - FEVRIER 2009


Les nouveaux nationaux dans l’Union européenne

Le nombre d’étrangers obtenant la nationalité d’un des pays de l’Union européenne augmente régulièrement d’année en année. Eurostat, l’Office statistique des Communautés européennes, dans son étude 108/2008, fait le point sur les données jusqu’en 2006 des 27 Etats membres.

Tendance au ralentissement

Entre le début et la fin des années 90, le nombre de nouveaux nationaux a plus que doublé. Depuis quelques années et bien que l’ Union soit passée de 15 à 27 membres l’augmentation annuelle des acquisitions de nationalité est beaucoup plus faible, 2,5% entre 2004 et 2006. Les évolutions sont liées aux modifications dans un sens favorable ou plus souvent défavorable de chaque législation nationale.

De nouvelles lois favorisant les naturalisations en Allemagne et en Belgique on entraîné des pics d’acquisitions de nationalité en 2000 et 2001 puis un retour progressif à la situation antérieure. Plusieurs Etats ont introduit dernièrement de nouvelles exigences en matière d’intégration et de connaissance de la langue, des tests qui dissuadent les candidats ou empêchent leur naturalisation.

 En 2006, près de 735.000 personnes ont acquis la nationalité d’un des 27 Etats de l’U.E. mais le Royaume Uni (154.015 acquisitions), la France (147.868) et l’Allemagne (124.566) représentant à eux trois plus de 60% du total.

 Comparativement à leur population, la moyenne européenne est de 1,5 nouveau national par millier d’habitants chaque année. Six Etats ont plus de 3 nouveaux nationaux par millier d’habitants : la Belgique, l’Autriche, Chypre, la Suède, l’Estonie et la Lettonie. Pour ces deux derniers pays, il s’agit pour l’essentiel de la reconnaissance comme nationaux de russophones considérés auparavant comme des non citoyens (voir La Lettre n°80 et 88).

La Suède en tête

Plus significatif des facilités d’accès à la naturalisation accordées par chaque Etat, le ratio des acquisitions par rapport au nombre d’étrangers dans le pays varie de 1 à 100 dans l’U.E… La Suède, par ailleurs un des premiers Etats à avoir accordé le droit de vote aux élections locales à tous les étrangers, a donné en 2006 la nationalité suédoise à plus d’un sur dix étrangers résidant dans le pays. Viennent ensuite la Slovénie (65,4 acquisitions par millier d’étrangers), le Royaume Uni 45‰) et la Slovaquie (44‰). A l’opposé, la Roumanie et la Pologne ont accordé la nationalité à moins de 2 étrangers sur mille résidant dans le pays.

Les Turcs et les Marocains

Les Turcs (9,9%) et les Marocains (7,4%) représentent 17% du total des acquisitions d’une nationalité européenne. Pour chaque Etat de l’ Union, son histoire coloniale et migratoire, sa politique d’accueil des réfugiés sont déterminants : en 2006, 52% des Turcs obtenant la nationalité d’un des 27 pays de l’U.E. sont devenus Allemands ; 85% des Algériens et 76% des Tunisiens

sont devenus Français ; 56% des Irakiens sont devenus Suédois ; 92% des Equatoriens et 80% des Colombiens sont devenus Espagnols ; 85% des Indiens et 77% des Pakistanais sont devenus Britanniques.

Principales nationalités d'origine des néonationaux en 2008
 
Allemagne France ROYAUME UNI
Nationalité
Nombre
%
Nationalité
Nombre
%
Nationalité
Nombre
%
antérieure antérieure antérieure
Turquie
33 388
26,8
Maroc
21 922
24,9
Inde
15 125
9,8
Pologne
6 907
5,5
Algérie
15 869
18,1
Pakistan
10 260
6,7
Russie
4 679
3,8
Tunisie
6 567
7,5
Somalie
9 050
5,9
Ukraine
4 536
3,6
Turquie
6 274
7,1
Philippines
8 840
5,7
Israel
4 313
6,5
Portugal
2 760
3,1
Afrique du Sud
7 670
5


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