4€ 18e année N°105 MAI - JUIN 2010
Avant les municipales de 2001, il n’y avait que trois conseils consultatifs de résidents
étrangers, à Bourg-en-Bresse, Grenoble et Strasbourg. Après ces élections, une
dizaine d’autres villes dont Paris ont installé un conseil de ce type. Fin 2008, après de
nouvelles élections municipales, nous avons pu parler de renouveau de ces conseils
consultatifs (voir La Lettre n° 96). Aujourd’hui une vingtaine de conseils existent et
surtout, sept des dix villes de France les plus peuplées ont leur conseil de résidents
étrangers (CRE).
Lille
C’est à Lille, dixième ville de France en population, qu’a été installé le 19 avril 2010 le plus récent
à ce jour des CRE. 105 conseillers, 56 hommes et 49 femmes, et 87 suppléants ont été soit tirés
au sort soit désignés pour leur implication dans la vie locale, pour trois ans.
Pierre de Saintignon, premier adjoint au maire et président du Conseil des résidents étrangers
de Lille (CRELI) a rappelé le 19 avril que « Lille est une terre d’accueil et les Lillois ressortis-
sants étrangers sont d’abord des Lillois » mais aussi que « la ville est favorable au droit de vote,
localement, des étrangers ici depuis au moins cinq ans ».
Trente et une nationalités sont représentées dans le conseil.Trois commissions, citoyenneté, vie
quotidienne, sport et culture, ont été mises en place. Il y a 15.000 étrangers non communautai-
res dans une ville de près de 200.000 habitants.
Grenoble
Installé depuis 1999, le Conseil consultatif des résidents étrangers de Grenoble (CCREG) a été
particulièrement actif sur la revendication du droit de vote pour tous les étrangers. Grenoble est
la seule ville de France où une votation citoyenne est organisée chaque année depuis 2002.
C’est sans doute aussi une des rares villes (la seule ?) où on pouvait lire sur le tract syndical uni-
taire de la manifestation du 1er
mai 2010 : « nous devons aussi agir pour la reconnaissance,
enfin !, du droit de vote et d’éligibilité de tous les résidents étrangers installés durablement en
France. »
Le dernier numéro de la revue Territoires (n°508- ADELS 1 rue Sainte-Lucie - 75015-Paris)
revient sur les dix ans de fonctionnement du CCREG, y compris sur les incompréhensions entre
conseillers étrangers et élus municipaux, mais le titre de l’article est encourageant : « la
relance après la tempête ».
Strasbourg
Installé en 1993, le Conseil consultatif des étrangers de Strasbourg fait figure de pionnier. Arrêté
par la majorité municipale de droite entre 2001 et 2008, le Conseil consultatif a été rapidement
remis en place par la nouvelle municipalité d’union de la gauche en 2009 (voir La Lettre n°98). Il
vient de décider le 6 février 2010, à l’unanimité de ses membres, de changer de nom et s’appel-
lera dorénavant « Conseil des résidents étrangers ». Le CRE considère que, par ses contributions,
il est participatif et pas seulement consultatif. « En participant au CRE, les résidents étrangers
peuvent :
• être associés aux décisions concernant la vie quotidienne de la ville
• travailler à la reconnaissance des droits effectifs des étrangers et contribuer au mieux vivre
ensemble
• donner leur avis et formuler des propositions sur les politiques mises en place par la
municipalité. »
Dans son assemblée plénière, le CRE comprend 103 personnes dont 58 représentants des
associations qui se sont portées volontaires et 40 étrangers hors Union européenne tirés au sort sur
155 candidatures individuelles.
De mai à octobre 2010, le CRE organise 10 réunioins publiques, ouvertes à tous les habitants, pour
que les problèmes rencontrés par les résidents étrangers soient mieux relayés. Le bureau du CRE a
élu un porte parole, Farid Slimani.