LA LETTRE DE LA CITOYENNETE
Nationalité, droit de vote des résidents étrangers
20F 6° année -N°36 - NOVEMBRE - DECEMBRE 1998
UN PEU D'HISTOIRE : les bidouns du Koweït
Les "bidouns" (les sans) constituent 30 % de la population koweìtienne et désignent ceux qui sont nés au Koweìt ou y résident sans avoir la nationalité koweïtienne ni, dans la plupart des cas, détenir une autre nationalité. Selon le recensement leur nombre dépasse 120 000 personnes.
Au Koweït, la population est classée en 3 catégories - les titulaires de la nationalité koweïtienne de première classe, seuls à pouvoir voter - les titulaires de la nationalité de deuxième classe - les bidouns qui n'ont aucune nationalité. Néanmoins, le gouvernement continue d'affirmer que la plupart des bidouns ont la nationalité de leur pays d'origine et doivent retourner chez eux. Le problème des bidouns est en suspens depuis la veille de l'indépendance. La responsabilité remonte aux lois sur l'entrée et le séjour et la nationalité qui étaient en vigueur dans les années 50. Les Bédouins, en effet, n'étaient pas tenus de posséder une pièce d'identité. Ils se déplaçaient d'un pays à l'autre sans pièces d'identité. Dans les années 60, le gouvernement koweïtien leur a ouvert les portes en les autorisant à travailler dans les secteurs aussi sensibles que l'armée et la police. A une époque ils représentaient, la moitié des effectifs de l'armée. Actuellement, seuls 8 000 d'entre eux y sont encore. Jusqu'en 1985, les "sans nationalité" étaient considérés comme des citoyens koweïtiens à part entière et avaient accès à la santé, à l'éducation et au logement. Le gouvernement a même essayé de naturaliser une partie d'entre eux.
C'est en 1985 que le Conseil des ministres adopte une loi bannissant le terme "sans nationalité" du vocabulaire officiel et lui substitue "non koweïtien". Ils sont depuis devenus "résidents illégaux". Entre 1987 et 1990, des milliers d'étrangers ont été expulsés en raison de leur incapacité à prouver la légalité de leur séjour. Ceux qui travaillaient dans l'armée ou dans la police ont eu des cartes de résident. Selon des rapports officiels seuls 10 % des bidouns remplissent les conditions pour obtenir la nationalité koweïtienne. Ainsi plus de 100 000 personnes sont susceptibles d'être reconduites dans leur pays d'origine.
Lettre de la Citoyenneté n°36 : SOMMAIRE
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