LA LETTRE DE LA CITOYENNETE

Nationalité, droit de vote des résidents étrangers


20F 6° année -N°31 - JANVIER-FEVRIER 1998

ILS ONT DIT...

Ernst Wolfgang BÖCKENFÖRDE : "

L'exclusion relative des Juifs trouve aussi son origine dans la conscience nationale allemande et dans le concept spécifiquement allemand de la nation. Le concept de nation se basait en Allemagne sur l'appartenance ethnique et non sur une volonté politique comme en France. Langue, histoire et culture communes étaient considérées comme critères d'appartenance et de solidarité. Selon cette logique, les Allemands, en tant que peuple et nation, avaient pour ancêtres les Germains qui se convertirent au christianisme et en gardèrent une spécificité qui ne fit que s'accentuer au cours de l'histoire (...). Dans cette perspective, les Juifs n'étaient pas des Allemands même s'ils étaient des citoyens allemands. Les liens de solidarité entre citoyens ne s'étendaient pas à eux, ils étaient considérés comme différents et étaient condamnés à le rester..." Le Monde 8.11.1997.

Arthur PAECHT, Député UDF du Var : "Je n'ai pas une goutte de sang français dans les veines. Je suis né en Autriche, de parents autrichiens. Mon pays a été envahi et annexé, et, en 1939, un convoi d'enfants m'a emmené en France dont je ne parlais même pas la langue". Son père a été fusillé et sa mère est morte en déportation. A la Libération, l'orphelin a choisi la France car "ce pays qui m'avait sauvé, je l'aimais déjà". Puis, étudiant en médecine, il a choisi la nationalité française et l'a obtenue sur simple déclaration. La banalité de cette formule administrative a laissé une "frustration" à M. Paecht. "J'ai des enfants, des petits enfants, tous français. De temps en temps, je leur montre les albums de photos mais il y a une photo que je n'ai pas, c'est celle du jour où je suis devenu français. Je ne peux leur montrer aucun document rappelant ce jour qui a été, après la perte de mes parents, le jour le plus important de ma vie..." Le Monde 30.11/1.12.1997

René VANDIERENDONCK, Maire UDF de Roubaix, qui envisage de s'allier avec le Parti Socialiste pour les élections régionales : "J'ai constaté une évolution. Mes prises de position ont été semblables à celles de Simone Veil, Présidente du Haut Conseil de l'Intégration, j'ai milité pour que son rapport soit repris dans les projets de loi sur la nationalité et pour l'entrée et le séjour des immigrés. Certaines positions, en particulier celle de Bayrou réclamant un référendum sur le code de la nationalité, sont de pures surenchères démagogiques non sans analogie avec celles du FN. J'avoue que cela, plus les réticences aux emplois-jeune, pour ne pas dire l'hostilité que j'ai ressenties chez certains, a achevé de me faire franchir le pas." Le Monde 3.12.1997.


Voir aussi Lettre n° 30 : ILS ONT DIT

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