22e année  N°130 JUILLET - AOUT 2014


Ils ont dit

Paul Oriol, auteur de Résidents étrangers, citoyens !

« Si le président est décidé à élargir le droit de vote aux résidents étrangers non communautaires, il pourrait le faire pour les élections européennes. En effet, depuis le traité de Maastricht, les citoyens qui résident dans un Etat de l’UE dont ils n’ont pas la nationalité peuvent voter dans le pays de résidence lors des élections municipales et européennes.

Le Conseil constitutionnel a statué qu’il était nécessaire de réformer la Constitution pour attribuer le droit de vote à des étrangers pour les élections municipales. Mais non pour les européennes. Il n’est donc pas besoin de loi constitutionnelle, une simple loi suffit pour le droit de vote aux élections européennes. Sous réserve que le Conseil constitutionnel, à nouveau consulté, ne change d’avis...

Le droit de vote pour les élections européennes est déjà reconnu au Royaume-Uni à des sujets de sa Majesté qui n’ont pas la nationalité britannique et ne sont pas des citoyens de l’UE.

Pas d’obstacle constitutionnel apparent. Pas d’obstacle européen. Seulement un obstacle politique. »

Agoravox.fr, 10-05-14

 

Olivier Roy, professeur à l’Institut universitaire européen de Florence

« La montée de ces classes moyennes musulmanes commence à impacter la vie politique : vous trouvez aujourd’hui dans toutes les villes des listes avec des noms maghrébins, mais pas de listes communautaires. Tôt ou tard, la société réelle transformera la société politique et je pense qu’on est en train de vivre cette période.

Vous le voyez sur le plan local, le Front national recule dans les centres-villes, entre autres parce qu’une bourgeoisie musulmane de plus en plus nombreuse y vit et qu’elle est intégrée dans la sociabilité locale. En revanche, dès que vous passez dans les résidences périurbaines, vous retrouvez le vote frontiste, mais surtout parce que les services de l’Etat y sont défaillants. On crie alors au communautarisme mais, chez les secondes générations d’enfants issus de l’immigration, il y a au contraire une demande d’Etat, mais d’un Etat non discriminatoire. »

Le Monde, 30-05-14

 

Jean-Pierre Dubois, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, professeur de droit constitutionnel

« De nombreux droits sont fonction de la résidence. Le droit de vote est territorialisé : on ne peut voter si on n’a pas un domicile ou une propriété dans une commune... Si l’on parle de la construction de l’avenir, de la citoyenneté, d’une communauté de destin, d’une société politique, il y a une vraie logique que ce soit lié à la résidence. On ne peut pas déposséder les gens de leur avenir ! C’est la condition de la survie de la démocratie ! »

corsenetinfos, 09-06-14


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