
4€ 12° année - n° 68 MARS AVRIL 2004
Mouloud AOUNIT, secrétaire général du MRAP : "Une véritable visibilité citoyenne de la France dans sa diversité permettrait aux Français d'origine étrangère de pouvoir s'identifier à nouveau au politique... Favoriser l'émergence de personnalités politiques d'origine immigrée qui présente un autre visage que celui des fouteurs de merde ou des ultraregligieux - clichés auxquels on nous habitue - permettrait de faire avancer les mentalités. Cela rendrait un service au combat contre le racisme et banaliserait la réalité et la richesse incontournable de la France, pays d'immigration... Aujourd'hui, la droite est beaucoup plus avenante par rapport à la revendication de représentativité de cette politique que ne l'a été la gauche lorsqu'elle était au pouvoir."
Politis - 27 novembre 2003
Edmond SIMEONI, dirigeant autonomiste corse : "Il ne faut pas être démagogique - les gens ont des droits et des devoirs - mais ceux que nous accueillons, il faut les traiter comme des citoyens et, demain, aux élections locales, ils devront voter."
Corsica - octobre 2003
Jean-Michel BELORGEY : ancien député, conseiller d'État : "Vouloir acquérir une nationalité ne signifie pas forcément vouloir renoncer à une autre ; ce qui, dans certains pays d'origine n'est d'ailleurs pas, ou pas très bien admis. D'où les jeux de passeports aux frontières. La double nationalité n'est d'ailleurs, aux yeux des observateurs évolués, notamment ceux du Conseil de l'Europe, plus une bizarrerie, ou une tare qu'il faut éliminer, mais une forme d'être au monde qu'il faut aider à vivre heureusement."
Accueillir - juin 2003
Robert HARVEY, professeur d'université aux États-Unis : "J'ai pris la nationalité française car, à l'heure actuelle, on ne peut se faire naturaliser européen autrement qu'en prenant l'une des nationalités des pays qui tentent plutôt
maladroitement de construire des "États-Unis d'Europe". Si, en l'adoptant, je n'ai pas renoncé à ma nationalité "américaine", c'est que je désire continuer à participer à la vie publique dans le pays où j'exerce encore principalement ma profession.... je préfère déclarer que j'ai opté pour la double nationalité plutôt que d'être accusé de dissimulation."
Le Monde - 28.02.04