
4€ 17° année - n° 97 JANVIER - FEVRIER 2009
••• France
Débat de l'UMP
Jean Sarkozy, conseiller général des Hauts-de-Seine où il préside le groupe de l'Union pour une majorité populaire a déclaré le 13 novembre au Point qu'il était favorable au droit de vote des étrangers " en réalité cela existe déjà, mais uniquement pour les ressortissants des pays de l'Union européenne. Pourquoi pas les autres ? Un Maghrébin qui parle notre langue, paie des impôts et a construit des choses en France n'a pas le droit d'élire son maire, mais un Italien qui travaille dans une grande entreprise, lui, en a le droit ". La prise de position du fils cadet du président de la République a fait réagir d'autres personnalités de la majorité. Jean-François Copé, patron des députés UMP s'est dit " très réticent " car, pour lui, " le droit de vote doit être indissolublement lié à la nationalité française ". C'est l'analyse la plus répandue dans la majorité mais les opinions évoluent. Ainsi un député UMP de la Marne, Benoist Apparu, s'est dit " assez ouvert " sur le principe du droit de vote des étrangers " dans une approche un peu plus globale " en étant " plus ferme en matière d'intégration, et plus juste sur la question du droit de vote ".
Votation citoyenne
Les votations citoyennes se poursuivent (voir la Lettre n° 94). 992 votants et 68% de oui à la question " Etes-vous pour la reconnaissance du droit de vote et d'éligibilité des résidents étrangers aux élections locales ? " en novembre aux Ulis dans la région Ile de France. 3384 votants et 95% de oui en décembre à Grenoble. Dans une lettre datée du 13 janvier adressée au président de la République, le collectif national Votation citoyenne (c/o LDH, 138 rue Marcadet, 75018 Paris) donne les résultats de la campagne 2008 et interpelle le président " il ne vous échappe pas que l'intégration par les droits et la participation politiques de tous les habitants de nos communes, quelle que soit leur nationalité, est une aspiration forte pour tous les citoyens et pour leurs enfants. En ce sens, le droit de vote des étrangers non-communautaires est une nécessité démocratique car il permettra en élargissant le suffrage universel de donner sens au concept de la diversité. "
France Terre d'Asile
L'Association France Terre d'Asile (24, rue Marc Séguin, 75018
Paris) rappelle dans un communiqué du 3 novembre sa position en
faveur du droit de vote des étrangers " les Etats membres et l'Union
européenne doivent promouvoir une égalité de statut
et de droits entre ressortissants de pays tiers et ressortissants communautaires,
afin d'instaurer une citoyenneté européenne de résidence…
Dans l'ensemble de l'U.E, les migrants doivent pouvoir participer aux choix
locaux de proximité dès lors qu'ils remplissent une condition
de durée de présence régulière qui ne soit
pas inférieure à cinq ans sur le territoire d'un Etat membre.
"