4€  14° année - n° 82 JUILLET AOUT  2006


France

* Nouveaux Français

Le Comité interministériel à l'intégration a décidé en avril que tout nouveau Français devait être accueilli au cours d'une cérémonie solennelle dans les préfectures. Le 29 juin à Tours, le président de la République a présidé une de ces cérémonies de naturalisation. 136 personnes originaires de 24 pays différents concernées. Jacques Chirac a expliqué que devenir français "est un acte fondamental, un acte qui engage et qu'avoir demandé la nationalité française est un choix qui honore le pays."

Chaque naturalisé est reparti avec un dossier contenant des extraits de la Constitution, les paroles de La Marseille, le décret de naturalisation, un livret de famille et un formulaire pour demander une carte nationale d'identité.

Les naturalisés sont sans doute trop nombreux pour bénéficier tous de cette cérémonie. Ils ont été 133 808 personnes à accéder à la nationalité française en 2004. Ils étaient 128 092 en 2002 et 144 640 en 2003.

Dans le projet adopté le 1er juillet par le Conseil national du Parti socialiste, il est prévu que le droit de vote pour les scrutins locaux sera accordé aux "résidents étrangers acquittant des impôts depuis cinq ans dans notre pays". Un de nos lecteurs a réagi et envoyé trois questions au P.S..

La première concerne la procédure choisie, le recours à un référendum conformément à l'article 11 de la Constitution.

La deuxième sur les scrutins locaux "Confirmez-vous que seraient bien concernés non seulement les votes municipaux mais aussi les votes pour les autres collectivités locales (conseils généraux, conseils régionaux...) ? Afin d'établir une égalité complète entre étrangers, envisagez-vous également de proposer le droit de vote aux élections au Parlement européen ?"

La troisième sur la référence aux impôts "Est-ce que les étrangers résidant depuis cinq ans, mais non-imposables, seraient exclus ? On pourrait alors à juste titre nous accuser de rétablir, une forme de suffrage censitaire. La formule du code électoral "domicile réel" ou "inscription au rôle des contributions directes" ne serait-elle pas plus adéquates ?"
 
 

La réservation pour les élections législatives de 2007 d'une trentaine de circonscriptions à des candidats issus de l'immigration provoque des remous au Parti socialiste. Certains comme Fawaz Karimet dans l'Aisne ou Zora Ait-Maten dans le Rhône ont gagné leur investiture à la régulière après le vote des militants de leur circonscription. Mais beaucoup, surtout dans les circonscriptions gagnables, les moins nombreuses, vont être parachutés et imposés par la direction, et les militants n'apprécient pas. Ailleurs, comme dans une circonscription parisienne, il y a conflit entre des candidats représentant des communautés différentes.

Pour le premier secrétaire du parti, François Hollande, il ne s'agit que "de convaincre des gens qui sont victimes de discriminations que nous mettons en accord nos actes avec nos engagements."

Après la municipalité de Saint-Denis (voir la Lettre n° 80), plusieurs autres municipalités à direction communiste du département de Seine Saint-Denis ont ou vont réalise rdes référendums ouverts aux étrangers et portant sur l'extension à ces étrangers du droit de vote et d'éligibilité aux élections locales. Le 26 mas à Saint-Denis, le 21 mai à Stains, le 18 juin à Blanc-Mesnil, le 24 juin à Aubervilliers, la participation a varié de 10 à 30 % et, dans chaque ville, près des deux tiers des votants se sont déclarés favorables au droit de vote des résidents étrangers. Les étrangers ont été plusieurs milliers à s'inscrire sur les listes électorales complémentaires et à voter mais de nombreux Français non-inscrits ont fait également la démarche et son devenus ou redevenus électeurs à cette occasion.

D'autres référendums sont prévus cet automne. À Gennevilliers, un "comité local participatif d'égal accès au droit" s'est mis en place dans cette intention.

Lors d'une conférence de presse, le 8 juin, le ministre de l'Intérieur est revenu sur sa position en faveur du droit de vote des étrangers aux élections locales. Il a précisé que cette proposition ne ferait pas partie de celles du candidat à la présidentielle ni du programme législatif du parti qu'il préside, l'Union pour une majorité populaire. "Je suis minoritaire dans ma famille" a-t-il justifié. Le soutien qu'il a reçu sur ce sujet des "sarkozystes humanistes" du club La Diagonale n'est pas suffisant.

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