4€  13° année - n° 76 JUILLET - AOUT  2005


••• France

144 640 personnes ont acquis en 2003 la nationalité française. Ce nombre, communiqué fin juin par le ministère de la Justice, est en augmentation de 13 % par rapport à 2002 et se rapproche des maxima enregistrés après la nouvelle loi sur la nationalité de mars 1998 (voir La Lettre n° 31 et 71) : 147 522 en 1999, 150 025 en 2000. L'augmentation concerne notamment les "déclarations anticipées" de jeunes nés en France de parents étrangers qui peuvent devenir français entre treize et dix-huit ans depuis la loi de 1998. Comme les années précédentes, cinq pays fournissent à eux seuls les deux tiers des acquisitions de la nationalité française : le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, le Portugal et la Turquie. Il avait écrit en 1990 dans Écarts d'identité "La longue histoire tourmentée du droit de vote des immigrés revêt un peu cette allure de puzzle où l'on attend que les principaux intéressés soient morts de vieillesse et qu'il ne reste plus que leurs enfants qui de toute façon ont acquis la nationalité française et ses droits. C'est pour cette raison qu'avant de s'attaquer au droit de vote en lui-même, comme l'ont fait bien d'autres pays européens, les Français ont préféré gagner du temps en tentant de réformer le Code de la nationalité." Les actes du colloque organisé en novembre 2003 par le Mouvement pour une citoyenneté active, viennent d'être publiés par l'Harmattan dans la collection "Les Cahiers de Confluence" (5-7 rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris). Coordonnés par Adda Bekkouche, les actes reviennent sur un fait indéniable : les institutions de France ne sont pas à l'image de la société. Les Français d'origine non-européenne sont exclus des processus de décision et d'action publics. Comparativement à leur nombre et à leur degré de contribution au développement de la France, ils sont sous-représentés dans les institutions publiques, en général, et dans les organes élus, en particulier. Seraient-ils voués à la condition de "citoyens de seconde zone" ?, s'interrogent les auteurs.
 
 


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