22e année  N°130 JUILLET - AOUT 2014


France : on reparlera du droit de vote des étrangers à l’automne

Dans les jours qui ont suivi les déclarations du président de la République laissant entendre qu’un texte sur le droit de vote des étrangers serait proposé après les élections de 2014 (voir La Lettre de la citoyenneté n° 129), Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, annonce une campagne nationale à l’automne sur le sujet. Un comité national (« comité d’action » ou « comité de liaison » a-t-il précisé le 5 juin) regroupant différents responsables politiques de toute la gauche ainsi que des personnalités de la société civile serait mis en place. Cette annonce, réitérée au conseil national de son parti le 14 juin, a fait réagir très négativement un des leaders de la droite, Alain Juppé, et plus dubitativement le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui le 28 mai estime que « faute de majorité constitutionnelle, ce n’est pas la peine de présenter un texte au Parlement ».

 

Une interview et un sondage du Parisien

Interrogée le 2 juin par Le Parisien-Aujourd’hui en France, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, réaffirme sa conviction que ce serait « une bonne chose » d’accorder le droit de vote aux élections municipales aux étrangers qui résident en France depuis cinq ans, que cela serait « un acte juste » qui « ne déstabilisera pas la France » mais conclut dans le même sens que Bernard Cazeneuve : « Le gouvernement ne dispose pas d’une majorité pour le faire, il ne le fait pas. »

Dans cette édition du 2 juin, le sondage du jour en ligne « votez et partagez ! » est le suivant : « Et vous, êtes-vous favorable au droit de vote des étrangers aux élections municipales ? » Cette interrogation sur Internet des lecteurs du Parisien n’est pas un vrai sondage puisqu’elle n’est pas réalisée sur un échantillon représentatif. Le nombre de votants, 29 500 au 4 juin, et le résultat, 50,5 % d’avis favorables, donnent cependant une indication intéressante sur l’opinion de la population.

 

La fronde d’une eurodéputée frontiste

Elue pour le Front national dans la circonscription ouest aux dernières élections européennes, Joëlle Bergeron a pris position en faveur du droit de vote des étrangers. Elle a annoncé qu’elle démissionnait de son parti mais pas de son mandat européen. Elle a même permis au leader du parti britannique europhobe UKIP, Nigel Farage, de former un groupe à Bruxelles. Sa dissidence et sa position pour le droit de vote des étrangers ont été largement repris par les médias.

 

Le collectif continue

Le Collectif droit de vote 2014, constitué pour que les étrangers puissent voter aux municipales de mars 2014, ne peut que constater son échec : « Nous n’avons pas réussi à peser suffisamment ni à faire de cette revendication un enjeu majeur du débat par la reconnaissance de la place qu’occupent les résidents étrangers dans la vie économique, sociale et culturelle de nos villes. » Sous un autre intitulé, le collectif continuera son combat pour la citoyenneté de résidence et le droit de vote des étrangers.


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