4€  14° année - n° 82 JUILLET AOUT  2006



Nationalité en Finlande

La Finlande a longtemps été un pays d'émigration (plus d'un million d'expatriés dans les cent dernières années). Des étrangers sont aussi venus de Finlande comme les Germains et autres immigrants d'Europe centrale et des pays scandinaves. Pendant la domination russe (1809-1917) se sont installés des Russes, Tatars et juifs. Il y avait 6 000 Russes au moment de l'Indépendance en 1917 et, pendant la période 1917-1922, 41 000 sont arrivés dont la moitié se sont installés dans le pays. À la fin des années 1930, ils étaient 15 000. Sont arrivés ensuite des Chiliens après 1973, des Vietnamiens après 1979 et des ressortissants de l'ex-Union soviétique après 1992.

La Finlande est devenue un pays d'immigration surtout dans les années 1990 avec pour la période 1990-2002, une balance migratoire favorable de 69 000 personnes environ (y compris le retour de Finlandais). Le nombre d'immigrés a quadruplé dans les années 1990 après l'effondrement de l'Union soviétique et la libéralisation de la législation russe. La décision de la Finlande d'appliquer "le droit du sang" à la minorité finlandaise d'Ingermanland, aux environs de Saint-Pétersbourg, est aussi à l'origine des flux d'immigration de nationalité russe à Helsinki.

Minorités nationales et étrangers

Sur 5,2 millions d'habitants, les minorités nationales, historiques, sont les personnes de langue suédoise (285 300 soit 5 %), les Lapons, Roms, juifs, Russes et Tatars. Par ailleurs, en 2002, 152 000 résidents étaient nés en dehors du territoire national dont 103 700 étrangers, soit 2 % de la population (0,5 % en 1990). Environ 40 % des étrangers proviennent de l'ex-Union soviétique dont 25 000 Finlandais Ingriens et 12 400 Estoniens. Les groupes les plus importants sont ensuite les 8 000 Suédois, 4 500 Somaliens, 4 500 ex-Yougoslaves... Environ 2 800 étrangers se marient chaque année avec des Finlandais

Quoique la majorité des immigrés, les Ingriens, soient légalement considérés comme des Finlandais qui retournent dans leur pays d'origine (les grands-parents doivent avoir eut la nationalité finlandaise) très peu parmi eux maîtrisent le finnois. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la première langue des étrangers d'Helsinki est le russe. En deuxième position vient l'estonien et beaucoup plus loin le somalien, l'anglais, l'arabe, le chinois, l'allemand, le turc, l'espagnol et le vietnamien.

Helsinki

4,2 % des habitants d'Helsinki sont des étrangers et 1,4 % des nationaux nés à l'étranger. À Helsinki, leur poids relatif est rois fois supérieur à celui de la moyenne nationale. 30 % des étrangers de Finlande habitent dans la capitale. Depuis ces dernières années, les immigrés installés dans d'autres régions de Finlande emménagent de plus en plus souvent à Helsinki. Bien que plus de 140 nationalités soient présentes, 44 % des étrangers arrivent des pays de l'Europe de l'Est, notamment de la Russie et de l'Estonie ; 20 % sont des ressortissants de pays occidentaux, tout particulièrement de la Suède, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne. Dans les 36 % restants, les plus nombreux sont les Chinois et les Turcs.

Loi sur la nationalité

La dernière loi sur la nationalité date du 24 janvier 2003, elle est entrée en vigueur le 1er juin 2003.

La nationalité finlandaise s'acquiert par la naissance en fonction de la nationalité des parents. Elle ne peut être retirée qu'au titre de motifs prévus par la loi et à condition que la personne concernée ait ou obtienne la nationalité d'un autre État.

Naturalisation

La nationalité finlandaise peut être octroyée à la personne qui âgée de dix-huit ans, au moment de la décision a vécu sans interruption pendant les six dernières années en Finlande. Si la résidence n'a pas été continue la personne doit avoir vécu une durée cumulée de huit ans dont les deux dernières années de façon continue. De brèves absences ne constituent pas une interruption de l'accumulation ou de la continuité de la résidence. Cette durée est ramenée à quatre ans en cas de mariage avec une personne de nationalité finlandaise.

Le demandeur doit pouvoir prouver son identité, subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille et passer un examen linguistique général pour donner la preuve de sa connaissance du finnois, du suédois ou de la langue des signes finlandais.

Le processus de demande peut être long. Le délai peut encore augmenter si la personne a commis un délit, si elle n'a pas pays ses impôts ou des amendes. La demande de nationalité doit être déposée par la personne au commissariat de police de la commune de résidence avec une pièce d'identité. La décision sur l'octroi de la nationalité est payante. Les frais doivent être payés au moment du dépôt de la demande.

En 1999, la nationalité finlandaise a été reconnue à 4 730 étrangers et en 2001 à 2 977.

Les anciens ressortissants finlandais peuvent retrouver, sur demande, la nationalité finlandaise dans les cinq ans suivant l'entrée en vigueur de la nouvelle loi. La Direction de l'immigration donne ou non son aval et en informe par écrit le demandeur.

L'examen de la demande de naturalisation d'un ancien ressortissant finlandais peut être accéléré sir les renseignements relatifs au demandeur sont inscrits au registre d'état civil.

Double nationalité

La modification la plus significative entraînée par la nouvelle loi est l'acceptation plus étendue de la pluri-nationalité. Un ressortissant finlandais ne perd plus automatique sa nationalité lorsqu'il acquiert la nationalité d'un autre pays si la législation du pays dont il acquiert la nationalité le permet. De même, un ressortissant étranger qui acquiert la nationalité finlandaise n'a plus à renoncer à sa nationalité antérieure.

Pau Oriol


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