NATIONALITE, DROIT DE VOTE DES RESIDENTS ETRANGERS
VERS
UNE CITOYENNETE EUROPEENNE ?
La loi organique sur l'exercice par les citoyens de l'Union européenne
du droit de vote et d'éligibilité‚ aux élections municipales
a été publiée au Journal officiel de la République
Française le 26 mai. Nous publions ci-dessous la réaction
d'un de nos lecteurs. Rappelons que pour exercer leur droit de vote, les
résidents communautaires doivent être inscrits, à leur
demande, sur une liste électorale complémentaire. Depuis
la date de sa publication au J.O., la loi est applicable et concerne donc
toutes les élections municipales partielles qui auront lieu avant
le renouvellement général des conseils municipaux en 2001.
La loi organique relative à l'exercice, par les citoyens de
l'Union européenne résidents en France, du droit de vote
et d'éligibilité aux élections locales, vient d'être
adoptée en avril 1998. Sommées par la directive européenne
du 19 décembre 1994, les autorités françaises ont
mis presque quatre ans à réfléchir à la manière
de "contourner" cette exigence, tout en faisant semblant de vouloir l'appliquer...!
Le débat parlementaire a été exemplaire des contorsions
de langage (et pas seulement de celles-là) face à cette double
contrainte, dans le contexte plus large du débat sur l'immigration.
Les tergiversations gouvernementales sur la régularisation des "sans-papiers"
ne sont que l'illustration de l'ambiguïté régnante.
Au lieu d'avoir une attitude offensive, allant dans le sens d'une ouverture,
d'une plus grande participation civique, de plus d'égalité,
visant à réduire les zones de "non-droits", le gouvernement
a adopté une attitude frileuse, donnant raison à ceux qui
font du racisme et de la xénophobie leur gagne-pain politique.
L'Europe ne pourra pas se construire sur une addition d'états
nationalistes ou communautaristes.
Or la loi récemment adoptée traduit bien des ambiguïtés.
Ainsi, pour faire sentir que les résidents européens sont
différents des autres citoyens, non seulement leur nationalité
doit être mentionnée sur les listes électorales, mais
encore elle doit apparaître sur les bulletins de vote pour, précisait-on
dans le débat parlementaire, "que l'électeur sache bien à
quoi il s'engage"!
Nous considérons que ces dispositions sont contraires à
l'esprit du Traité de l'Union qui, en instituant une citoyenneté
européenne, prévoyait que : "tout citoyen de l'Union, résidant
dans un Etat membre dont il n'est pas ressortissant, a le droit de vote
et d'éligibilité aux élections locales dans l'Etat
membre où il réside, dans les mêmes conditions que
les ressortissants de cet Etat".
Ainsi le Collectif Portugais pour une Pleine Citoyenneté s'adresse
aux instances européennes compétentes, pour qu'elles déclarent
ces dispositions contraires au Traité de l'Union, afin que la France
revienne sur ces dispositions discriminatoires.
Si nous voulons dépasser les nationalismes de tout poil, même
déguisés sous la forme de certains communautarismes, nous
devons nous engager sur la voie d'une Europe où les citoyens doivent
avoir les mêmes devoirs, mais aussi les mêmes droits. Liberté,
Egalité‚ Fraternité, Citoyenneté doivent être
des droits pour tous, sans distinction de race, de religion, de nationalité.
Manuel Tavares, Membre du Collectif Portugais pour une Pleine Citoyenneté
Lettre de la Citoyenneté n°34
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