![]()
3€ 11° année - n° 62 - MARS - AVRIL 2003
ESPAGNE :
EMIGRES ET IMMIGRANTS *
Très ancien pays d'émigration vers l'Amérique latine, l'Afrique du Nord et l'Europe, l'Espagne est devenue à la fin du XXe siècle un pays d'immigration.
Les allers-retours des Espagnols ont toujours été importants : en 1925, 88 921 départs vers l'Amérique et 67 237 retours ; en 1959, 100 821 départs vers les autres pays d'Europe et 95 600 retours de ces pays. Depuis 1974, les expatriations diminuent régulèrement pour être de l'ordre de moins d'un millier par an ces dernières années alors que les retours d'expatriés continuent à être importants : 47 788 en 2001.
La participation politique des Espagnols résidant à l'étranger
Sur les 1 410 353 Espagnols recensés à l'étranger en 2001, 1 017 359 étaient inscrits sur les listes électorales et pouvaient voter dans leur pays d'origine. De gros efforts d'inscriptions sur les listes électorales ont été réalisés ces dernières années puisqu'en 1987 il n'y avait que 137 289 expatriés pouvant voter en Espagne. Le corps électoral est ainsi passé en quinze ans de 71 741 à 473 477 pour les Espagnols résidant dans les autres pays d'Europe et de 60 534 à 515 595 pour les résidents en Amérique. Cinq pays représentent 60 % du corps électoral des Espagnols résidant à l'étranger : Argentine (181 108 inscrits), France (167 220), Vénézuela (94 059), Allemagne (86 869) et Suisse (72 033). Plus de la moitié des expatriés est recensée dans trois des dix-septs communautés autonomes du pays : la Galice (273 520 inscrits), Madrid (129 350) et l'Andalousie (127 235).
En rapport avec l'augmentation du corps électoral, le nombre d'expatriés votant aux élections législatives et européennes augmente régulièrement mais la participation qui a toujours été faible diminue (Tableau I). Elle est particulièrement faible pour les Européens mais les émigrés peuvent voter pour les candidats de leur pays de résidence (9 018 Espagnols s'étaient inscrits, pour voter en France en 1999).
Les Espagnols devenus Français
Au dernier recensement français de 1999, les Espagnols étaient 161 762 et représentaient 5 % des étrangers. Les Espagnols naturalisés français étaient 274 066.
Les trois vagues migratoires de l'Espagne vers la France ont eu lieu après la guerre de 14-18, au moment de la guerre civile et dans les années 1960-1970 époque où, en agriculture et dans le bâtiment, l'immigration espagnole succède à l'immigration italienne avant d'être remplacée par l'immigration portugaise. Les Espagnols résidant en France, qu'ils aient gardé leur nationalité d'origine ou pris la nationalité française sont nettement plus âgés que la moyenne nationale : les personnes de soixante-cinq ans ou plus représentent 26 % (28 % si on ne prend que ceux devenus Français) de cette population contre 15 % pour l'ensemble de la population au recensement de 1990. (Tableau 2).
Les résidents étrangers en Espagne
Dans les années 70, environ 100 000 Européens et 50 000 Américains résidaient en Espagne et représentaient la quasi totalité des étrangers. L'immigration venant d'Europe et d'Amérique a augmenté ces dernières années et s'y est ajoutée une arrivée importante d'Africains et d'Asiatiques. De 165 289 résidents étrangers recensés en 1975, on passe à 1 109 069 en 2001 dont 325 511 ressortissants de l'Union européenne, 304 149 de pays d'Afrique et 223 607 de pays d'Amérique du Sud.
Les Marocains sont devenus les étrangers les plus nombreux en Espagne, près de 200 000 en 2000, suivis par 74 000 Britanniques, 60 000 Allemands, 30 000 Chinois, Dominicains, Equatoriens, Péruviens... La moitié des étrangers réside dans trois communautés autonomes : 280 000 en Catalogne dont près de 50 000 Marocains, 10 000 Péruviens, 7 500 Chinois... ; 230 000 à Madrid dont 12 000 Équatoriens, 12 000 Péruviens, 11 000 Dominicains ; 150 000 en Andalousie dont 35 000 Marocains et 20 000 Britanniques.
Comme dans les autres pays occidentaux, le nombre de naturalisations connaît une évolution importante. Quatre pays qui ne représentaient que 20 % des naturalisations en 1991 en représentent plus de 50 % en 2001 : le Maroc passé de 427 naturalisés en 1991 à 2 822 en 2001 ; le Pérou passé de 136 à 2 322 naturalisés, la République dominicaine passée de 105 à 2 126 naturalisés et Cuba passé de 119 à 1 191 naturalisés. (Tableau 3).
* Sources : Annuaire des migrations du ministère
du Travail et des Affaires sociales (P° Pintor de Rosales 44-46 - 28008
Madrid) et Migrances, n° 21, Espagne, pays de migrations (34, rue de
Citeaux 75012 Paris).
Tableau 1 - Le vote des Espagnols résidant
à l'étranger
Tableau 2 - Français par acquisition dont
la nationalité antérieure était espagnole (recensement
de 1990).
Tableau 3 - Nombre et origine des naturalisations en Espagne.