
4€ 16° année - n° 96 NOVEMBRE - DECEMBRE
2008
L’élection du nouveau président des Etats-Unis est un événement important pour la planète étant donné le rôle des Etats-Unis dans le monde. La candidature de Barack Obama d’abord, son élection ensuite en ont fait un événement exceptionnel qui ne peut laisser indifférent la Lettre et ses lecteurs. (Voir aussi des commentaires sur la diversité politique en France).
Tout le monde a parlé de la rapidité avec laquelle, 40 ans, les Etats-Unis sont passés de l’assassinat de Martin Luther King à l’élection de Barack Obama. Mais la réelle accélération de l’histoire date des années soixante avec le changement de stratégie du mouvement noir américain qui s’est écarté des Black Panthers pour se rallier au rêve de Martin Luther King.
Barack Obama est le continuateur de Martin Luther King et l’incarnation du fameux discours : " j’ai fait un rêve ". Un rêve que Martin Luther King, dès sa première phrase, mettait en pers pective : " C’est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain. "
C’est ce rêve, repris par Barack Obama dans le discours de Philadelphie qu’il veut faire entrer dans l’histoire.
La victoire de Barack Obama n’est pas la victoire du mouvement noir américain, c’est celle du rêve américain, celle d’un Noir qui a su incarner le rêve américain. Une victoire à laquelle, bien sûr, les électeurs noirs ont largement participé, à laquelle toute une partie des blancs s’est opposée ouvertement ou par des insinuations ou dans le silence de l’isoloir.
La politique mensongère et catastrophique de Bush, aussi bien en politique étrangère qu’en politique intérieure, a facilité la victoire de Barack Obama comme elle aurait favorisé très probablement la victoire d’un autre candidat démocrate. En ce sens, le moment décisif a été plus que l’élection présidentielle, la désignation de Barack Obama comme candidat du parti démocrate, notamment face à Hillary Clinton qui en apparaissait comme " la candidate désignée " lors de la primaire.
Les Américains ont montré leur étonnante capacité à se renouveler au moment des crises et des guerres, à s’appuyer sur l’homme qui incarne le changement plutôt que la sécurité.
Reste maintenant à voir la politique que conduira le président,
porteur des espoirs de millions de personnes aux Etats-Unis mais aussi
dans le monde.