4€  15° année - n° 86 MARS - AVRIL  2007



ÉDITO

La double nationalité fait la une de l’actualité ces derniers mois dans plusieurs pays (voir pages 3 et 4 et les numéros 84 et 85 de La Lettre). L’Arménie et le Luxembourg officialisent la possibilité d’une double nationalité. Ailleurs, en Bulgarie, au Canada, au Congo ou aux Pays-Bas, c’est la double nationalité d’électeurs, d’élus ou de gouvernants qui est contestée. Les personnes concernées sont soit des émigrés ayant acquis la nationalité de leur pays de résidence et revenant faire de la politique dans leur pays d’origine, soit des immigrés ou leurs descendants se présentant à des élections après avoir acquis la nationalité du pays de résidence et conservé leur ancienne nationalité.

Jusqu’à la fin des années soixante-dix, époque où dans de nombreux pays les immigrés étaient censés n’être que "de passage", la revendication d’une double nationalité n’était pas à l’ordre du jour. Depuis, l’installation quasi définitive, le regroupement familial,, l’obtention plus facile de la nationalité du pays de résidence… ont changé les pratiques. Certains ont même eu automatiquement et sans avoir rien demandé à personne deux ou trois nationalités, celles du père, de la mère et du pays de naissance. Il s’agit pour beaucoup de migrants, d’avoir dans le pays de résidence, des garanties pour le séjour et le travail et, par ailleurs, de ne pas rompre avec son pays d’origine, d’y retourner sans difficulté si nécessaire. Aujourd’hui comme hier, l’immigré a une double appartenance, il utilise désormais ses documents officiels dans ce sens.

Faut-il continuer à laisser les pratiques évoluer en toute liberté ou faut-il officialiser la possibilité de la double nationalité ? Si contentieux il y a, il est logique en tout cas de privilégier la résidence sur la nationalité pour décider qui peut être acteur dans les choix politiques du "vivre ensemble".


 
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