
4€ 15° année - n° 85 JANVIER - FEVRIER 2007
La réciprocité en matière de droit de vote des étrangers vient d’être mise en débat par Nicolas Sarkozy. Interrogé à la télévision le 30 novembre, le ministre français de l’Intérieur rappelle qu’il est contre le droit de vote des étrangers aux élections nationales. Il affirme avoir beaucoup réfléchi sur cette question et être assez d’accord pour accorder le droit de vote pour les élections municipales aux étrangers non-communautaires, mais qu’il y mettrait "une autre condition à celle de payer ses impôts, qui est celle d’être en situation régulière, d’être là depuis dix ans et surtout d’avoir la réciprocité avec le pays d’origine".
Il s’agit en l’occurrence de prendre un prétexte fallacieux pour se dérober sur une question qui l’embarrasse… La France doit rejoindre les autres pays démocratiques qui ont déjà accordé ce droit et ne pas attendre une quelconque réciproque venant de pays où la démocratie est nettement moins partagée. Là où cette réciprocité est inscrite dans la Constitution, comme en Espagne, elle s’avère ne concerner que très peu d’étrangers et les militants favorables au droit de vote des étrangers se battent pour la suppression de cette clause restrictive (voir page 2). Au Portugal, la réciprocité s’avère favorable aux ressortissants des pays lusophones, ex-colonies portugaises, et concerne donc davantage d’étrangers.
En tout état de cause, la réciprocité introduit
une discrimination supplémentaire dans un domaine où il ne
devrait pas y en avoir. Dans une démocratie digne de ce nom, seule
la citoyenneté de résidence permet d’éviter de trier
entre les "bons" et les "mauvais" étrangers.