4€  14° année - n° 79 JANVIER - FEVRIER 2006



EDITO
 
 

Désormais, la revendication du droit de vote pour les résidents étrangers a largement dépassé le milieu militant. Le succès de la deuxième opération "votation citoyenne" en témoigne. Et les sondages. Et les prises de position favorables sur tous les bancs de l'arc parlementaire, même si elles restent encore minoritaires à droite. Que le service des études juridiques du Sénat en fasse un de ses objets montre bien que l'onde est arrivée jusque dans l'illustre assemblée (voir Sénat).

Il n'est pas normal que ceux qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas prendre la nationalité française soient exclus du "vivre et décider ensemble". Il devient difficile d'exclure de ce droit à l'existence une partie de ceux qui vivent dans nos villes et particulièrement dans les quartiers en difficulté : les enfants sont français à plus de 90 %, nombreux sont les parents étrangers.

À l'heure où tout le monde doute du politique, des jeunes prennent conscience que pour exister politiquement, brûler des voitures ne suffit pas, même si c'est efficace (ils ont plus obtenu, en quelques jours, que les enseignants de la Seine-Saint-Denis en plusieurs mois de grèves et de manifestations) ! Et ils s'inscrivent nombreux sur les listes électorales, même si, avec juste raison, ils ne se sentent pas représentés dans les instances élues.

Quelle leçon pour les politiques ! Ont-ils conscience de l'intense demande de reconnaissance, de non-discrimination sociale ou ethnique qui motive les incendies de voitures comme la constitution du CRAN (conseil représentatif des associations noires) ou la revendication du droit de vote ? L'état d'urgence, la répression policière peuvent faire gagner quelques points dans les sondages. Ils ne sont pas à la hauteur de la situation et ne préparent pas l'avenir, bien au contraire.


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