4€  12° année - n° 70 JUILLET- AOUT 2004



 

ÉDITO
 
 

Le désintérêt d'une majorité des Européens pour l'élection de leurs députés est inquiétant pour l'avenir de l'Europe. Qu'il y ait demain ou non une constitution européenne, le Parlement de Bruxelles-Strasbourg aura progressivement des pouvoirs élargis, en particulier dans le domaine de l'immigration. La crédibilité de ses décisions suppose une base démocratique adéquate et donc une mobilisation électorale suffisante.

Les responsabilités sur la situation actuelle sont multiples, de la Commission de Bruxelles aux gouvernements et partis nationaux en passant par les médias. Il y a eu 25 élections nationales juxtaposées et peu de débats sur la construction et les enjeux européens. Pour beaucoup, le scrutin ne fut que l'occasion d'un vote sanction contre le gouvernement en place. En France, un découpage régional arbitraire a compliqué la compréhension du vote. Pour les prochains scrutins, les listes européennes suggérées par certains permettraient sans doute d'éviter les replis nationaux constatés cette année.

L'information des ressortissants communautaires pour qu'ils s'inscrivent sur les listes électorales a été une fois de plus réduite au minimum. À ceux qui déplorent à quelques semaines du scrutin le faible nombre d'inscrits européens alors que ces inscriptions étaient closes depuis longtemps, nous ne pouvons que suggérer de se réveiller plus tôt la prochaine fois. Malgré cela, le vote dans les pays de résidence plutôt que dans les pays d'origine progresse. La possibilité par contre de faire élire dans un pays des candidats d'une autre nationalité n'a pas été davantage utilisée que lors des scrutins précédents.

La citoyenneté européenne a manifestement du mal à s'affirmer. Raison de plus pour qu'elle se mette en place sur de bons rails sans laisser de côté les quinze millions de résidents étrangers non-communautaires. Pour n'avoir pas été capables de convaincre suffisamment de décideurs, nous avons notre part de responsabilité dans le "sur-place" actuel. Le combat pour la citoyenneté européenne de résidence doit se poursuivre et la pétition du million aller à son terme. Ce qui s'est passé en juin ne doit pas nous décourager mais inciter au contraire à nous mobiliser davantage pour que l'Europe de demain donne les mêmes droits à tous ses résidents étrangers.



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