
4€ 11° année - n° 65 SEPTEMBRE - OCTOBRE 2003
ÉDITO
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Certains ont pu contester la valeur des sondages sur le droit de vote des résidents étrangers aux élections municipales et européennes.
Les résultats de 2001, sondage réalisé quelques semaines après les attentats du 11 septembre, montraient d'ailleurs que l'opinion publique, en l'occurrence il s'agissait spécifiquement des personnes se disant proches de la gauche, pouvait être sur ce sujet, comme sur d'autres, versatile.
Tous les "instantanés" sont effectivement à interpréter avec prudence et dans le contexte. Pour ce qui est de notre sondage, il ne s'agit plus de cela : la question posée par l'institut C.S.A. auprès d'un échantillon d'un millier de personnes est la même chaque année depuis neuf ans.
L'évolution régulière depuis 1997 et mis à part l'accident de 2001, de l'opinion en faveur du droit de vote des résidents étrangers est incontestable.
Bien sûr, cette position reste fragile, ce sont essentiellement les "assez favorables" qui progressent et non les "très favorables" mais en 2003, les "très opposés" sont trois fois moins nombreux qu'en 1995. Seuls les proches de l'extrême droite restent très majoritairement contre. Chez les partisans de la droite classique, de sondage en sondage, l'écart entre les "opposés", toujours majoritaires, et les "favorables" se réduit pour n'être plus que de six points en 2003, après avoir été de soixante-huit points en 1996 ! Les moins de vingt-cinq ans, depuis longtemps en faveur du droit de vote des étrangers, le sont aujourd'hui à plus de 80 % et seules les personnes âgées de soixante-cinq ans et plus restent majoritairement opposées. Les autres tendances des années précédentes sont confirmées en 2003 : les cadres et autres diplômés supérieurs, les sensibilités de gauche et les habitants de l'agglomération parisienne sont, parmi les catégories étudiées, celles qui comptent le plus de personnes favorables.
Il sera difficile demain pour les responsables politiques français de ne pas tenir compte de cette évolution de l'opinion publique.
Le fameux chiffon rouge qu'ils aimaient agiter peut rester dans leur poche.