NATIONALITE, DROIT DE VOTE DES RESIDENTS
ETRANGERS
L'annonce
de la mise en place d'un conseil de la citoyenneté des Parisiens
non communautaires est un événement majeur. Ce conseil permettra
à des représentants de ces 300 000 Parisiens, 14,5 % de la
population, exclus de toute représentation démocratique,
d'avoir pour la première fois une place et une parole à l'Hôtel
de ville de la capitale.
Cette
initiative n'est pas contradictoire avec les actions menées pour
le droit de vote des résidents étrangers. La nouvelle majorité
de Paris a d'ailleurs pris position sans ambiguïté sur le sujet.
Il ne s'agit pas de promouvoir une demi mesure qui repousserait à
plus tard l'obtention des droits politiques. Au contraire, le projet veut
peser sur les débats en cours et interpeller les décideurs,
gouvernement et Sénat. Par un acte concret et courageux, les élus
parisiens manifestent qu'il est urgent que l'anomalie actuelle de la non
représentation d'une partie de la population cesse.
D'autres
villes françaises ont tenté ces dernières années
d'associer à leurs décisions les résidents étrangers.
Mons-en-Baroeul,
Cerizay, Amiens, Vandoeuvre-lès-Nancy, Les Ulis, Long-
jumeau
et Portes les Valence ont fait élire des "conseillers associés".
Seules les deux premières villes ont pu mener la démarche
pendant plusieurs années. Plus récemment et à l'image
de plusieurs grandes villes européennes, Strasbourg, Bourg-en-Bresse
et Grenoble ont installé des conseils consultatifs des résidents
étrangers composés pour l'essentiel de représentants
des associations. Malgré la discrétion plus ou moins volontaire
qui a entouré ces différentes expériences, les acteurs
locaux mais aussi des observateurs extérieurs, des chercheurs ont
apprécié positivement leur fonctionnement et leurs résultats.
Ce
qui va se passer demain à Paris a une toute autre dimension. Non
seulement il s'agit de la capitale mais le contexte politique a changé
: une proposition de loi a été votée par l'Assemblée
nationale, les associations et les militants du droit de vote se sont beaucoup
mobilisés. L'initiative parisienne va être suivie de près.
Elle peut permettre d'accélérer la réflexion, la dynamique
et les décisions sur la place des résidents étrangers
dans la vie des communes en France mais aussi en Europe.
Les
élus parisiens ont eu la sagesse de ne pas figer le projet, de le
laisser ouvert en confiant à un comité de pilotage et à
des assises de la citoyenneté dans les arrondissements le soin de
préciser les modalités de son organisation.
Ils
ont prévu également d'évaluer et de revoir éventuellement
la copie après dix-huit mois de fonctionnement.
Nous
ne pouvons que souhaiter le succès de cette initiative.
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