LA LETTRE DE LA CITOYENNETE

NATIONALITE, DROIT DE VOTE DES RESIDENTS ETRANGERS


20F 9° année - n°52 - JUILLET-AOÜT 2001

Paris, première

L'annonce de la mise en place d'un conseil de la citoyenneté des Parisiens non communautaires est un événement majeur. Ce conseil permettra à des représentants de ces 300 000 Parisiens, 14,5 % de la population, exclus de toute représentation démocratique, d'avoir pour la première fois une place et une parole à l'Hôtel de ville de la capitale.

Cette initiative n'est pas contradictoire avec les actions menées pour le droit de vote des résidents étrangers. La nouvelle majorité de Paris a d'ailleurs pris position sans ambiguïté sur le sujet. Il ne s'agit pas de promouvoir une demi mesure qui repousserait à plus tard l'obtention des droits politiques. Au contraire, le projet veut peser sur les débats en cours et interpeller les décideurs, gouvernement et Sénat. Par un acte concret et courageux, les élus parisiens manifestent qu'il est urgent que l'anomalie actuelle de la non représentation d'une partie de la population cesse. 

D'autres villes françaises ont tenté ces dernières années d'associer à leurs décisions les résidents étrangers. 

Mons-en-Baroeul, Cerizay, Amiens, Vandoeuvre-lès-Nancy, Les Ulis, Long-

jumeau et Portes les Valence ont fait élire des "conseillers associés". Seules les deux premières villes ont pu mener la démarche pendant plusieurs années. Plus récemment et à l'image de plusieurs grandes villes européennes, Strasbourg, Bourg-en-Bresse et Grenoble ont installé des conseils consultatifs des résidents étrangers composés pour l'essentiel de représentants des associations. Malgré la discrétion plus ou moins volontaire qui a entouré ces différentes expériences, les acteurs locaux mais aussi des observateurs extérieurs, des chercheurs ont apprécié positivement leur fonctionnement et leurs résultats.

Ce qui va se passer demain à Paris a une toute autre dimension. Non seulement il s'agit de la capitale mais le contexte politique a changé : une proposition de loi a été votée par l'Assemblée nationale, les associations et les militants du droit de vote se sont beaucoup mobilisés. L'initiative parisienne va être suivie de près. Elle peut permettre d'accélérer la réflexion, la dynamique et les décisions sur la place des résidents étrangers dans la vie des communes en France mais aussi en Europe.

Les élus parisiens ont eu la sagesse de ne pas figer le projet, de le laisser ouvert en confiant à un comité de pilotage et à des assises de la citoyenneté dans les arrondissements le soin de préciser les modalités de son organisation. 

Ils ont prévu également d'évaluer et de revoir éventuellement la copie après dix-huit mois de fonctionnement.

Nous ne pouvons que souhaiter le succès de cette initiative.


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