Les enseignements belges
Ce qui se passe en Belgique depuis quelques mois est riche d'enseignements pour tous ceux qui s'intéressent aux droits civiques des immigrés, étrangers ou non. Rappelons les faits, sujets de l'article ci-contre. Le 8 octobre prochain, un nombre important de nouveaux électeurs était susceptible de voter pour la première fois à des élections communales : les Européens de l'Union qui étaient théoriquement presque 500 000 à pouvoir, 8 ans après Maastricht, exercer enfin le droit ouvert par ce traité ; les nouveaux naturalisés qui après la loi du 1er mars, exemplaire parce qu'elle crée un réel droit à la nationalité belge, devaient être plusieurs dizaines de milliers à pouvoir voter pour la première fois en octobre.
La réalité est toute autre. Les Européens ont été beaucoup moins nombreux que prévus à s'inscrire sur les listes électorales. Il ne s'agit pourtant pas d'un échec, les inscrits sont plus du double de ceux recensés pour les européennes de juin 99. L'inscription préalable devient un véritable frein à la participation électorale. En Belgique comme aux Pays-Bas où le vote est obligatoire, l'inscription est automatique pour les nationaux. Elle l'est également aux Pays-Bas pour les résidents étrangers depuis qu'ils ont le droit de vote. La France a récemment mis en place cette automaticité d'inscription pour les jeunes arrivant à l'âge de 18 ans à la majorité électorale.
Comme ailleurs, les inscriptions se sont faites dans les derniers jours, à la dernière minute, une session de rattrapage serait sans doute très productive.
D'autres caractéristiques sont classiques dans des situations analogues : il y a davantage d'inscrits en proportion dans les communes de petite taille ; l'antériorité d'une participation active des immigrés à la vie de la cité comme à La Louvière favorise les inscriptions ; mobilisation des communes, des associations et des sections locales des partis, que ce soit dans un but démocratique ou électoraliste comme dans les Fourons. A contrario, le peu d'intérêt manifesté par les 20 000 eurocrates de la région bruxelloise à s'inscrire est un mauvais exemple donné par ceux qui font vivre et qui vivent de l'Union européenne.
En ce qui concerne l'inscription sur les listes électorales des nouveaux naturalisés, on retrouve souvent là aussi une mauvaise volonté des administrations municipales, une implication plus ou moins forte des politiques, l'influence des enjeux électoraux locaux. En dehors du retard anormal mais prévisible à traiter les dossiers, les demandes ont été nombreuses mais nettement inférieures à certaines prévisions.
Ouvrir grandes les portes de la naturalisation est nécessaire mais il est aussi légitime de vouloir garder sa nationalité d'origine même si on réside depuis longtemps ailleurs. Il n'y a donc pas concurrence mais complémentarité entre un accès plus facile à la nationalité du pays d'accueil et une participation active à la vie politique des résidents qui souhaitent garder leur nationalité d'origine.
En tout état de cause, la Belgique est en avance sur les autres
pays de l'Union par la présence de nombreux nouveaux électeurs
comme candidats sur les listes des partis politiques. Les immigrés
étaient nombreux à être élus lors des élections
de 1999, ils le seront encore en octobre 2000 : les Turcs en particulier
vont faire leur entrée dans les conseils communaux et le nombre
de Maghrébins va probablement plus que doubler.
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DE LA CITOYENNETE
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