Nationalité, droit de vote des résidents étrangers
Nous avons à plusieurs reprises (numéros 26, 27 et 28 notamment) fait le point sur les débats en cours en Belgique à propos du droit de vote aux élections locales des résidents étrangers.
Contrairement à la plupart des autres pays européens qui n'ont pas encore accordé le droit de vote aux non communautaires et où ce déficit démocratique n'intéresse ni les hommes politiques ni les médias, la Belgique a le grand mérite d'aborder régulièrement la question ; les journaux bruxellois publient force sondages et opinions de partis ou de leaders politiques sur le sujet.
Le sondage de "La Libre Belgique" que nous publions ci-contre donne, pour les élections locales, des positions proches de celles trouvées en France lors de notre sondage de mars 97 (La Lettre n° 27) mais il est intéressant de noter que les personnes interrogées en Belgique ne font pas de distinction majeure dans leurs opinions entre communautaires et non communautaires, entre élections locales, régionales ou nationales.
Dans un contexte aussi favorable, il est dommage que le gouvernement belge n'ait pas prévu d'accorder le droit de vote à tous les résidents étrangers. Il faut simplement lui accorder qu'il va plus loin que le gouvernement français : les résidents communautaires pourront voter non seulement aux élections communales mais aussi aux provinciales et il annonce que, pour les non-communautaires, le débat sera rouvert après les élections de l'an 2000. C'est mieux que rien !
Malheureusement, le conflit linguistique s'aggrave actuellement, en particulier dans les communes de la périphérie de Bruxelles situées sur un territoire théoriquement flamand mais peuplées majoritairement de francophones. Le vote présent ou futur des immigrés qui renforcent le poids des francophones, est un enjeu important de ce conflit. L'extrême droite en profite pour essayer d'étendre son influence. A Anvers, la pétition du Vlaams Blok demandant un référendum sur le droit de vote des étrangers a réuni 40 000 signatures. Certains partis traditionnels semblent sensibles en Flandre comme ils le sont en France aux positions des extrémistes. En Wallonie, partis et opinion publique ont une vision plus positive de l'immigration.
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