Pour justifier la loi Debré, comme il est classique en France
chaque fois que se mettent en place des mesures répressives concernant
l'immigration clandestine, il est dit que c'est pour mieux intégrer
les étrangers en situation régulière. Le Premier ministre,
Alain Juppé, l'a encore écrit récemment : " Oui
à l'intégration de tous ceux qui veulent partager nos valeurs,
à commencer par la laïcité républicaine ".*
Puisqu'un nouveau tour de vis est prévu, rêvons : des
mesures vont sans doute être prises rapidement pour faciliter l'accès
à la citoyenneté des résidents étrangers et
le gouvernement français va certainement s'apercevoir qu'il a oublié
d'appliquer un point du traité de Maastricht, celui qui pourtant
n'accorde le droit de vote qu'aux résidents communautaires !
Dans le même temps, l'Italie a pris des mesures plus équilibrées
: fermeture des frontières, certes, d'un côté, mais
de l'autre actions concrètes d'intégration des résidents
étrangers; ces derniers vont obtenir bientôt le droit de vote
et d'éligibilité aux élections locales. De son côté,
le Portugal a accordé ce droit de vote aux résidents étrangers
sous réserve de réciprocité et cela va concerner la
principale communauté immigrée du pays, les Cap-Verdiens.
Est-ce que l'exemple après être venu du Nord, Pays-Bas
et pays scandinaves, va venir du Sud ? Français, méfions
nous, nous sommes encerclés de pays décidément plus
démocratiques que le nôtre !
*Le Monde du 26 février 1997.