
4€ 13° année - n° 75 MAI - JUIN 2005
Carton rouge
à Christian Jacob, ministre délégué aux petites et moyennes entreprises,
au commerce et à l'artisanat du gouvernement français
Pour la première fois, les artisans non-européens n'ont pu participer aux élections des chambres des métiers qui se sont déroulées par correspondance du 17 février au 9 mars. Lors des élections précédentes, les étrangers étaient électeurs mais non éligibles à l'image de ce qui passe pour les élections prud'homales.
Un décret du 27 août 2004 stipule que les électeurs
doivent être de "nationalité française ou ressortissant
d'un État membre de la Communauté européenne ou d'un
État partie à l'accord sur l'espace économique européen".
Ce sont 6 785 artisans sur les 35 000 de Paris, 3 000 sur les 16 000 de
Seine Saint-Denis, 50 000 pour toute la France, qui ont été
interdits de vote parce qu'étrangers alors qu'ils paient leur cotisation
comme les autres à la Chambre des métiers. Le Mouvement contre
le racisme et pour l'amitié entre les peuples a demandé au
président de la nouvelle Haute autorité de lutte contre les
discriminations et pour l'égalité (HALDE) d'intervenir pour
faire annuler ce décret. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë,
se refuse à distinguer entre artisans français et artisans
étrangers, "tous participent à la vie de notre capitale".
L'entourage du ministre Christian Jacob, à l'origine du décret,
justifie la mesure par le souci d'"aligner le Code électoral des
chambres des métiers sur celui des chambres de commerce" et estime
que "le vote des étrangers en France est une question politique
qui fera peut-être partie de la prochaine campagne présidentielle,
mais cela ne fait pas partie du programme de Jacques Chirac."