4€  16° année - n° 95 SEPTEMBRE - OCTOBRE 2008


Allemagne :

la naturalisation par test
 
 

Les étrangers souhaitant acquérir la nationalité allemande doivent depuis le 1er septembre passer un test de connaissance sur l’histoire et le système politique du pays.
Le candidat doit répondre correctement à au moins 17 des 33 questions choisies au hasard sur un catalogue de 310 questions. Des cours de langue et de culture sont organisés pour les  candidats.

Un million de nouveaux Allemands depuis 2000.

L’Allemagne a longtemps été considérée comme le pays de référence pour le droit du sang, moyen privilégié sinon unique de transmettre la nationalité. À la fin des années 1990, le gouvernement d’alliance entre les socialistes du SPD et les Verts-Grünen a introduit le droit du sol dans un nouveau code de la nationalité. Appliqué depuis le 1er janvier 2000, ce  code prévoit que la naturalisation peut être demandée après huit ans de résidence dans le pays, au lieu de quinze ans auparavant.
Plus d’un million d’étrangers, dont une majorité de Turcs, ont acquis la nationalité allemande depuis 2000. Il ne s’agit nullement du raz de marée prévu par les détracteurs du nouveau code. Avant 2000, il y avait déjà une progression régulière des naturalisations, de 65.709 en 1974 à 143.257 en 1999 (voir La Lettre n°74). En 2000, le nombre de naturalisations a atteint un maximum de 186.700 mais diminue depuis pour retrouver les chiffres de la fin du XXème siècle, 113.000 en 2007.
Le questionnaire à choix multiple est vivement critiqué par l’opposition. Les Verts y ont décelé plus de 30 questions qui induisent en erreur. Parmi les Allemands sollicités pour répondre au questionnaire, peu ont réussi le test. Il en est de même dans les pays qui, comme les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni ou l’Autriche, ont mis en place avant l’Allemagne une sélection des candidats à la naturalisation par des tests et où les nationaux seraient en majorité recalés à l’examen.

Evaluer le niveau d’intégration

Cette volonté récente d’évaluer le niveau d’intégration des populations étrangères relève d’une suspicion de principe à l’égard des étrangers, dans le même esprit de la vision utilitariste d’une " immigration choisie " qu’ont la plupart des gouvernements actuels de l’Union européenne.
En réaction à ces nouveaux tests de connaissance, Angela Tilmann, élue SPD et membre de la commission intégration du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, remarque que, pour agir en faveur de l’intégration, il vaut mieux mettre en place le droit de vote des étrangers non européens aux élections locales.


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