25e année  N°150 NOVEMBRE –DECEMBRE  2017


Allemagne

Les Allemands expatriés ne peuvent pas tous participer aux élections dans leur pays d’origine. Ils doivent prouver qu’avant la date de l’élection, ils ont vécu au moins trois mois consécutifs en Allemagne, après l’âge de 14 ans et dans les vingt-cinq dernières années. Le ministère de l’Intérieur précise que le droit de vote est accordé à « toute personne ayant acquis une bonne connaissance des rapports politiques de la République fédérale d’Allemagne et se sentant concernée par ceux-ci de par des raisons personnelles et immédiates ». En conséquence, un individu n’ayant jamais habité trois mois consécutifs en Allemagne peut acquérir le droit de vote sous réserve d’être accepté par une commune qui l’inscrira à son registre des électeurs, condition préalable pour participer à un scrutin. En pratique, les expatriés se sentent peu concernés par la politique allemande. On estime par exemple que sur les 300 000 Allemands résidant en Suisse, 5 % étaient inscrits pour les dernières élections au Bundestag.

Les élections fédérales du 24 septembre ont été marquées par le résultat du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AFD) qui a obtenu 12,6 % des voix et 94 des 709 sièges alors qu’il n’avait eu que 4,7 % des voix et aucun élu à sa première participation, peu de temps après sa création en 2013. Dans une campagne électorale tendue notamment pour les candidats germano-turcs, l’un des chefs de file de l’AFD a déclara par exemple qu’il fallait « jeter en Anatolie » la secrétaire d’État d’origine turque Aydan Özoguz après que celle-ci a jugé impossible « d’identifier, au-delà de la langue, une culture allemande spécifique ».

Pour la première fois, un parti mis sur pied par des Germano-Turcs participait à une élection fédérale. Il n’y avait eu auparavant que quelques tentatives au niveau régional. Ce parti, l’Alliance des démocrates allemands (ADD), créé en réaction à la motion du Bundestag sur le génocide arménien en 2016, avait le soutien du président turc Erdogan qui est intervenu dans la campagne (voir La Lettre n° 149) et dont le portrait s’affichait sur le matériel de propagande du parti. Invalidé dans un autre land, il n’était présent que dans le land le plus peuplé, celui de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (NRW) et ne présentait que des candidats germano-turcs. Il a obtenu 41 178 voix, 0,4 % des votants. Dans ce land NRW, quatre Germano-Turcs ont été élus, trois sociaux-démocrates du SPD et un du parti de gauche Die Linke.


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